Le chant du dimanche

Première lecture (Jérémie 33, 14-16)

Le prophète Jérémie annonce des jours nouveaux avec la venue du « Germe de justice » envoyé par Dieu pour sauver les hommes ; il sera appelé : « Le Seigneur-est-notre-justice. »

Les Cahiers Prions en Église N° 277

Lecture du livre du prophète Jérémie

Voici venir des jours – oracle du Seigneur –
où j’accomplirai la parole de bonheur
que j’ai adressée à la maison d’Israël
et à la maison de Juda :
En ces jours-là, en ce temps-là,
je ferai germer pour David un Germe de justice,
et il exercera dans le pays le droit et la justice.
En ces jours-là, Juda sera sauvé,
Jérusalem habitera en sécurité,
et voici comment on la nommera :
« Le-Seigneur-est-notre-justice. »

    – Parole du Seigneur.

Psaume 24

Ps 24 (25), 4-5ab, 8-9, 10.14)

Vers toi, Seigneur, j’élève mon âme,
vers toi, mon Dieu.
 (Ps 24, 1b-2)

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

Les voies du Seigneur sont amour et vérité pour qui veille à son alliance et à ses lois.
Le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent ;à ceux-là, il fait connaître son alliance.

Psaume 24 -AELF/Michel Wackenheim

par Ensemble Vocal Hilarium | Psaumes pour dimanches et fêtes - C - ADF/Bayard Musique

Méditer ce psaume

La honte

La honte est une misère grise et sournoise. Elle insinue à qui se trouve pris en son filet qu’il eut mieux valu pour lui ne pas être né.

Celui qui se tient sous la domination de la honte éprouve un sentiment de salissure, quelque chose de collant qui le retient au sol, le nez dans la poussière. Impossible pour le honteux de regarder à hauteur d’homme. Son regard tombe, ses yeux se baissent, son dos se voûte.

La honte grignote de ses dents acérées tout ce qui tombe sous son museau, l’estime de soi, la possibilité de regarder l’autre dans les yeux, la joie. Elle pousse à refuser l’amour.

Celui qui vit sous la honte se trouve indigne de la bonté d’autrui, qu’il prend pour la pitié, indigne de son amour, qu’il prend pour de la commisération.

Ô Seigneur, épargne-moi la honte !

Pour rejoindre l’homme perdu dans sa honte, il fallait que Dieu s’abaissât plus bas que lui, pour se tenir à la hauteur de ce regard à ras de terre. Il fallait que Dieu lui-même subît la malédiction des coupables, la honte qui naît du regard méprisant que l’on porte sur eux. Ce qu’il fît.

A contempler le Crucifié humilié, lui qui prit la honte sur lui, et sa malédiction, lui qui est mort en son lieu même, pour qu’il n’ait plus de lieu pour nuire, nous pouvons en être guéri.

Humilité.

Croire que nous ne pouvons pas nous élever nous-même au-dessus de l’humus, mais que Dieu, mais que Dieu s’est abaissé jusque-là pour nous saisir par les cheveux et nous en relever.

Fierté.

Croire que de cet humus, il a fait sa demeure, un jardin où nous pouvons vivre sans honte.

Sœur Anne Lécu

Paul rappelle que la source de notre amour les uns pour les autres vient de Dieu, ce qui nous incite à aimer nos frères avec un amour « de plus en plus intense et débordant » pour honorer le don qu’il nous fait.

Les Cahiers Prions en Église N° 277

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens

Frères,
que le Seigneur vous donne,
entre vous et à l’égard de tous les hommes,
un amour de plus en plus intense et débordant,
comme celui que nous avons pour vous.
Et qu’ainsi il affermisse vos cœurs,
les rendant irréprochables en sainteté
devant Dieu notre Père,
lors de la venue de notre Seigneur Jésus
avec tous les saints. Amen.

    Pour le reste, frères, vous avez appris de nous
comment il faut vous conduire pour plaire à Dieu ;
et c’est ainsi que vous vous conduisez déjà.
Faites donc de nouveaux progrès,
nous vous le demandons,
oui, nous vous en prions dans le Seigneur Jésus.
Vous savez bien quelles instructions
nous vous avons données de la part du Seigneur Jésus.

    – Parole du Seigneur.

 

Évangile (Luc 21, 25-28. 34-36)

En ce temps-là,
Jésus parlait à ses disciples de sa venue :
« Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles.
Sur terre, les nations seront affolées et désemparées
par le fracas de la mer et des flots.
Les hommes mourront de peur
dans l’attente de ce qui doit arriver au monde,
car les puissances des cieux seront ébranlées.
Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée,
avec puissance et grande gloire.
Quand ces événements commenceront,
redressez-vous et relevez la tête,
car votre rédemption approche.

    Tenez-vous sur vos gardes,
de crainte que votre cœur ne s’alourdisse
dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie,
et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste
comme un filet ;
il s’abattra, en effet,
sur tous les habitants de la terre entière.
Restez éveillés et priez en tout temps :
ainsi vous aurez la force
d’échapper à tout ce qui doit arriver,
et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Méditation

Quel paradoxe ! La semaine dernière, nous célébrions l’avènement du Seigneur avec le dimanche du Christ Roi de l’univers. Cette semaine, avec le début de l’Avent, nous nous préparons à accueillir celui qui est déjà arrivé ! Plus étrange encore, la tonalité des textes n’a pas beaucoup changé. Il y a deux semaines, nous lisions Daniel et l’apocalypse de Marc. Puis, l’Apocalypse de Jean nous a parlée des derniers temps et de la Parousie, la semaine dernière. Aujourd’hui, c’est l’apocalypse de Luc qu’il nous faut entendre. La fin de l’année liturgique rejoint le début, l’Oméga rejoint l’Alpha.

Le même mot revient dans les trois lectures de ce jour, un mot qui résonnait déjà ces dernières semaines : le mot « jour », « ce jour-là » dit Luc, « Le jour où le Seigneur viendra » dit Paul, « ces jours-là » proclame Jérémie. Mais quel jour sommes-nous donc ?

I/ Le jour du salut et de justice. (Jr)

L’Ancien Testament, à travers Jérémie, nous parle de ce jour où la promesse de bonheur s’accomplit. Le jour où le Messie, issu de la lignée de David, inaugurera un royaume de droit et de justice. C’est le jour du salut attendu par Israël : un jour de paix, de justice, un jour où il n’y aura plus de guerres, plus d’orgueil, plus d’égoïsme. Ce jour-là, la lumière sera plus forte que les ténèbres. Ce jour-là, la vie sera plus forte que la mort. Ce jour-là, c’est à Noël que nous le fêterons. Un des jours de l’année où la nuit est la plus longue et où nous accueillons la lumière de la naissance du Christ. Ce jour au cœur de l’hiver, où la nature semble morte avec ses arbres dénudés, ce jour-là, la vie apparaît et triomphe en la personne d’un Dieu qui se fait petit enfant et qui nait à la vie. A Noël, nous nous préparons à accueillir la lumière de Dieu dans nos ténèbres, la vie de Dieu dans notre mort. Voilà le jour que nous allons attendre pendant 4 semaines.

II/ Un jour que nous attendons et qui est déjà là : le dimanche. (Lc)

Pourtant ce jour est déjà advenu. Dieu s’est fait homme. Dieu a connu la vie de l’homme. Dieu est mort et ressuscité. La mort a été vaincue et la vie a triomphée. Chaque dimanche, nous célébrons cette victoire. Chaque dimanche, nous sommes ce jour-là, ce jour dont nous parle l’évangile de Luc. Chaque dimanche nous devons être éveillés, nous devons prier, nous devons paraître debout devant le Fils de l’homme qui inaugure pour nous son royaume de justice et de paix. Ce jour-là, nous y sommes et pourtant nous allons encore l’attendre et l’espérer. Nous allons encore allumer nos bougies d’Avent pour demander à la lumière de briller dans notre monde et d’advenir.

Pour parler de ce jour, Luc utilise le langage de l’Apocalypse, le langage qui révèle ce qui est caché à nos yeux. Mais, le temps de l’Apocalypse, dans la Bible, n’est pas le temps du futur, c’est le temps du présent, celui que nous vivons aujourd’hui, en ce dimanche.

III/ Un jour à faire advenir et à faire naître aux yeux du monde. (Paul)

Ce jour qui est déjà là et qui n’est pas encore là, ce jour que nous vivons et célébrons chaque dimanche, ce jour-là nous avons à le faire advenir dans notre monde et à la faire connaître au monde entier. Ce jour-là nous avons à l’accueillir et à le faire advenir dans le monde.

Comment ? Paul nous le dit dans ses lettres : en vivant de l’amour, un amour intense et débordant. La lumière de l’Avent que nous avons à allumer pour préparer Noël, c’est la lumière de l’amour qui doit briller dans nos cœurs. C’est la lumière d’un amour qui détruit nos égoïsmes et notre orgueil, nos préjugés et nos étroitesses d’esprit. La lumière de l’amour d’un petit enfant qui vient à notre rencontre en nous ouvrant les bras. Cette lumière que nous accueillons à Noël, nous devons l’allumer, avant Noël, dans notre cœur. La société de consommation a compris, peut-être mieux que nous, que Noël est le temps de l’amour partagé à travers les cadeaux et les repas de fête. Mais, ce qui doit être au cœur de ces cadeaux et de ces repas, c’est l’amour du prochain et du monde qui nous a été donné en partage.

P. Damien Stampers