Deuxième dimanche de carême

 

Seigneur, je t’écoute.

«Du nuage, un voix se fit entendre : ‘Celui-ci est mon Fils que j’ai choisi : Écoutez-le.» (Luc 9, 35)

Le récit que Luc nous fait de la transfiguration du Christ est bâti comme un jeu de poupées russes où l’une cache l’autre. Ainsi, à première vue, tout y parle de la gloire du Christ. Le symbole de cette gloire est le vêtement blanc, l’habillement de Dieu lui-même (Daniel 7, 9). Mais en même temps, Luc évoque le départ du Christ, sa mort très humaine.

Autre ‘poupée russe’ : la voix venue du ciel proclame que Jésus est le ‘Fils choisi’. Comme chrétien, nous y voyons la révélation de l’union profonde entre lui et son père. Mais il y a un autre message. Cette expression tirée d’Isaïe 42 nous apprend que ce fils choisi a une mission : il doit être le «garant de l’engagement [de Dieu] envers l’humanité en faisant sortir les prisonniers de leur cachot» (42, 6-7).

Or, ce n’est pas du haut de son trône, avec une sorte de ‘télé-commande’ que le «fils choisi» accomplira cette mission. Il devra lui-même entrer «dans le cachot», habiter cette prison de violence et de mort qu’est devenue la terre pour en libérer les humains. Voilà le message dans sa totalité : Jésus nous fera tous vivre un départ vers la gloire de Dieu, mais en venant d’abord nous rejoindre dans notre prison.

En mémoire de mon baptême

Nous allons vivre le rituel de la remise des Évangiles.

Sur une table ou un lutrin, je dépose un Nouveau Testament. Je le baise avec respect, et je prie :

Seigneur Jésus, que ta Parole et tes gestes contenus dans cet Évangile soient ma lumière et mon chemin.

Je crois que tu es le Fils de Dieu, je crois qu’en t’accueillant dans toute ma vie, tu me libéreras de mes prisons et me conduiras à la gloire du Père. Amen

 

Lundi 2ème semaine

Seigneur, je t’écoute.

«Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés.

Ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés» (Luc 6, 36-38)

Dans le texte grec de Luc, le verbe qu’on traduit par ‘juger’ signifie d’abord ‘couper’. Et c’est vraiment ce qu’on fait lorsqu’on juge quelqu’un: on se coupe de lui! Il est d’un côté et moi de suis de l’autre. Intérieurement, je me dis : «Moi, je suis correct, lui ne l’est pas.»

Ne pas juger ne signifie pas fermer les yeux, refuser de voir les défauts et les limites des autres. Ne pas juger signifie choisir mon attitude face à cela. Ou plutôt choisir l’attitude de Dieu. Or, nous dit Luc, Dieu est généreux, miséricordieux. Nos travers et nos défauts, il les voit plus comme des blessures que des crimes. Aussi, loin de le faire fuir, nos péchés le font accourir, comme le bon samaritain de la parabole. Loin de se couper de nous, Dieu s’approche pour nous soigner et nous guérir.

Souvent, je prie : «Seigneur, faites que mon cœur ne soit pas un tribunal, mais un hôpital ! Non un tribunal où je juge et condamne, mais un hôpital ou j’aime l’autre et en prend soin.»

 

Seigneur, je te parle.

«Fais vite Seigneur que ta compassion vienne à notre rencontre nous sommes si faibles, viens vite à l’aide Dieu notre secours.» (psaume 78, 8-9)

Sois plus vite que ma méchanceté toujours prête à juger. Sois plus fort que mon mal. Que ton Esprit fasse de moi un être généreux, et que ma bonté chaque jour soit un peu de soleil dans l’hiver du monde.

Seigneur, je veux te suivre.

Je pense à quelqu’un qui a un défaut, qui me tape sur les nerfs, et que je suis porté à juger. Je pense à lui devant Dieu. Je demande au Seigneur que je puisse regarder cette personne comme lui la regarde.

Mardi de la deuxième semaine

 

Seigneur, je t’écoute.

«Écoutez la Parole de Yhwh détachez le mal de vos actes (…) défendez la veuve les droits de l’orphelin.

Très bien, expliquons-nous dit Yhwh : vos erreurs écarlates blanchiront comme neige ! (Isaïe 1, 10.15-18)

Il y a bien deux ans, un ami m’a prêté un livre – que je n’ai pas encore lu – mais dont le titre à lui seul m’a été un grand enseignement : Dieu sans idée du mal.

En fait, Dieu, en lui-même, ne connaît pas le mal; il n’en a aucune idée ! Comment a-t-il réagi lorsqu’il l’a vu apparaître, inattendu, dans sa création ? Surprise ? Révulsion ? Déception ?

Dès le premier chapitre de son livre, le prophète Isaïe nous dit deux choses. D’abord, que le mal déplaît à Dieu totalement. C’est son contraire ! Ils sont auto-exclusifs ! Dieu est allergique au mal.

Mais, devant le mal, Dieu ne se hausse pas les épaules, ne se croisent pas les mains. Il s’attaque au mal, le prend à bras le corps pour le détruire. La dernière image d’Isaïe dans la lecture d’aujourd’hui est presqu’une publicité de détergent : les taches les plus tenaces ne font pas peur à Dieu: sa puissance d’amour vient à bout de tout.

 

Seigneur, je te parle.

«Mon peuple, écoute je veux parler (…)

Si tu vois un voleur tu t’entends avec lui (…)

tu lies ta parole au mensonge (…)

Voilà ce que tu fais et je devrais me taire ?

Tu t’imagines que je suis comme toi ? (psaume 49, 7.18-19.21)

Seigneur, tu es le Tout Autre, le Saint.

En toi, aucune trace de mal.

Que mon péché ne te fasse pas fuir.

En ton fils Jésus, tu nous as révélé que tu as le désir et le pouvoir de nous guérir.

Loué sois-tu ô Dieu, toi dont le pardon est toujours offert, toi dont le pardon guérit.

Seigneur, je veux te suivre.

Je décide de vivre une démarche de réconciliation avec Dieu, individuelle ou collective. Je m’y prépare.

Mercredi de la deuxième semaine

 

Seigneur, je t’écoute.

«Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et payer de sa vie la libération d’un grand nombre.» (Matthieu 20, 28)

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus dit quel sens il veut donner à sa mort. Pour cela, il se sert d’une image très présente dans l’Ancien Testament : celle du proche parent-racheteur. Selon le droit commun en Israël, si un homme s’était endetté au point de ne pouvoir rembourser son créancier, il devenait, littéralement, la propriété de ce dernier, son esclave. C’était alors le devoir de son plus proche parent – son père ou son frère – de payer sa dette pour qu’il recouvre sa liberté. On désignait ce parent par le mot ‘gaal’, le ‘racheteur’. Racheteur en latin se dit redemptor, d’où notre mot français rédempteur.

Qu’affirme donc Jésus en utilisant cette image ? Il nous dit d’abord qu’il se considère comme l’un de nous, comme notre plus proche parent, qu’il se sent responsable de notre sort. Il affirme aussi que notre libération lui coûtera cher : le prix de sa vie.

Jésus ne pousse pas plus loin l’image, en disant par exemple à qui il paie la rançon. Qu’il nous suffise donc de contempler le Christ faisant de sa mort un acte dans lequel il se sent responsable de nous et par lequel il nous libère.

Seigneur, je te parle.

«Entre tes mains je remets mon souffle oui c’est moi que tu rachètes Yhwh Dieu de vérité (…)

Tout ce qui m’arrive est dans tes mains.» (psaume 30, 6.14-16)

Seigneur Jésus, je m’unis à toi qui a prié ce psaume sur la croix.

Que j’entre dans ta prière, dans ta confiance entière au Père qui nous libère de la mort.

Seigneur, je veux te suivre.

Je prie quelques instants devant un crucifix,en répétant une formule simple, comme : «Ma vie Seigneur, tu l’as payé de ta vie…»

 

Mercredi de la deuxième semaine

 

Seigneur, je t’écoute.

«Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et payer de sa vie la libération d’un grand nombre.» (Matthieu 20, 28)

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus dit quel sens il veut donner à sa mort. Pour cela, il se sert d’une image très présente dans l’Ancien Testament : celle du proche parent-racheteur. Selon le droit commun en Israël, si un homme s’était endetté au point de ne pouvoir rembourser son créancier, il devenait, littéralement, la propriété de ce dernier, son esclave. C’était alors le devoir de son plus proche parent – son père ou son frère – de payer sa dette pour qu’il recouvre sa liberté. On désignait ce parent par le mot ‘gaal’, le ‘racheteur’. Racheteur en latin se dit redemptor, d’où notre mot français rédempteur.

Qu’affirme donc Jésus en utilisant cette image ? Il nous dit d’abord qu’il se considère comme l’un de nous, comme notre plus proche parent, qu’il se sent responsable de notre sort. Il affirme aussi que notre libération lui coûtera cher : le prix de sa vie.

Jésus ne pousse pas plus loin l’image, en disant par exemple à qui il paie la rançon. Qu’il nous suffise donc de contempler le Christ faisant de sa mort un acte dans lequel il se sent responsable de nous et par lequel il nous libère.

 

Seigneur, je te parle.

«Entre tes mains je remets mon souffle oui c’est moi que tu rachètes Yhwh Dieu de vérité (…)

Tout ce qui m’arrive est dans tes mains.» (psaume 30, 6.14-16)

Seigneur Jésus, je m’unis à toi qui a prié ce psaume sur la croix.

Que j’entre dans ta prière, dans ta confiance entière au Père qui nous libère de la mort.

Seigneur, je veux te suivre.

Je prie quelques instants devant un crucifix, en répétant une formule simple, comme : «Ma vie Seigneur, tu l’as payé de ta vie…»

 

Jeudi de la deuxième semaine

Seigneur, je t’écoute.

«Un homme était riche. Il s’habillait de pourpre et de lin fin. Il donnait chaque jour des fêtes splendides. Un pauvre, nommé Lazare, gisait à sa porte.» (Luc 16, 19-20)

 

Nous découvrirons les messages de cette parabole en la lisant en reculons !

D’abord, la conclusion. Elle nous affirme que la bonne manière d’être en contact avec l’Au-delà, c’est par la Parole, et non par du merveilleux, fut-ce des apparitions de mort.

Remontons maintenant à l’arrivée des deux personnages dans l’autre monde. Nous y voyons que l’argent est une réalité de ce monde-ci, qui ne compte plus dans l’Au-delà. La seule richesse qui compte au ciel, c’est celle qu’on a donnée sur terre.

Enfin, la scène inaugurale. Le riche ne réalise pas que, non seulement Lazare est à la porte, mais qu’il est la porte ! La porte par laquelle il peut sortir de lui-même et s’ouvrir aux autres. «Lazare» signifie «Dieu a secouru» ; ce n’est pas le pauvre ici que Dieu secourt: c’est le riche, à qui Dieu fait signe, qu’il appelle à se libérer de lui-même à travers Lazare.

Et nous voilà aujourd’hui : nous sommes tous riches de quelque chose : talents, argent, temps, contacts. Dieu met des ‘Lazare’ sur notre route : ils sont autant de portes à travers lesquelles je puis… entrer chez Dieu.

Seigneur, je te parle.

«Béni celui qui (…) a confiance en Yhwh. (…)» (Jérémie 17, 7-8)

Sur les berges de ce monde Seigneur, l’argent commande en maître.

Que son pouvoir jamais ne me séduise.

Qu’en toi seul soit ma confiance, toi le Donneur de vie, la source qui ne trahit pas.

Et que sur les berges de l’autre monde, je puisse me présenter à toi riche des fruits de l’amour.

Seigneur, je veux te suivre.

Je m’informe des projets de Développement et paix (site internet). De quelle manière puis-je en appuyer l’un ou l’autre ?

 

Vendredi de la deuxième semaine

Seigneur, je t’écoute.

«Le [Maître] envoie enfin son propre fils. (…)

La pierre dont les ouvriers n’ont pas voulu est devenue pierre angulaire par la main du Seigneur.» (Matthieu 21, 37.42)

Plusieurs images à première vue peu apparentées sont utilisées dans cette parabole. On y parle de pierre rejetée et de fils rejeté ! Tout devient plus clair lorsqu’on sait qu’en hébreux, le mot ‘fils’ (ben) est constitué des mêmes lettres que le mot ‘pierre’ (̓ében) plus une. La ‘pierre’ et le ‘fils’ réfèrent donc au même personnage, Jésus.

Au début du chapitre 21 auquel notre parabole sert de conclusion, Jésus fait son entrée à Jérusalem. Il est le fils envoyé par Dieu, venant chercher les fruits de la vigne. Or ce fils sera rejeté et tué. Mais il est aussi la ‘pierre’ annoncée par le prophète Daniel (2, 31-45). Celui-ci raconte un rêve où apparaît une immense statue composée de divers éléments, symbolisant les grands empires du monde. Une petite pierre apparaît qui jette à terre la statue et qui croît au point de devenir une montagne!

Par cette parabole, Jésus nous dit comment viendra le règne de Dieu. Il commencera par le rejet du Fils-pierre (ben-̓ében). Mais cette pierre rejetée sera choisie et exaltée par Dieu qui en fera la pierre d’angle de son royaume.

Seigneur, je te parle.

«La pierre que les maçons ont rejetée maintenant, c’est la pierre angulaire. Remerciez Yhwh, il est si bon.» (psaume 117, 21-22.29)

Merci Seigneur, merci mille fois. Des pierres brutes que nous sommes, tu peux bâtir le vrai temple, celui que tu veux habiter.

Taille en moi Seigneur les aspérités, que je puisse trouver place dans la maison que tu veux habiter.

Seigneur, je veux te suivre.

Suis-je gêné de témoigner de ma foi, par crainte d’être rejeté ? Jésus, lui, n’a pas craint. Je le prie de me donner son courage,

pour que je sois un vrai témoin.

 

Samedi de la deuxième semaine

Seigneur, je t’écoute.

S’il est un destin tragique, c’est bien celui du prophète Michée. Il a vécu à une époque où son pays s’écroule littéralement sous la puissance assyrienne. C’est d’abord tout le royaume du nord qui est conquis en 721. L’armée ennemie poursuit son avance jusqu’aux portes de Jérusalem (701).

Mais cette chute sur le plan militaire n’est que la conséquence d’une chute beaucoup plus grave : Jérusalem est alors en pleine décadence religieuse et sociale. L’injustice, l’exploitation, les pots-de-vin sont érigés en système. Le culte – toujours fastueux – est cependant vide de sens. Les gens ne sont plus attachés à Dieu, mais à eux-mêmes, à leur fortune, à leur prestige. Seul contre le clergé, les notables et les faux-prophètes, Michée ose dire la vérité. Il résume admirablement ce que Dieu attend de son peuple dans cette formule si simple et si profonde :

«Ce que Yhwh attend de toi, rien d’autre qu’agir avec justice, aimer avec tendresse et accompagner humblement ton Dieu». (6, 8)

Après avoir annoncé le malheur, conséquences de l’infidélité du peuple, le livre de Michée se termine par une «liturgie d’espérance» dont est extraite la lecture de ce jour. Finalement, Dieu ne peut se renier lui-même : il est, au plus profond de son être, tendresse et attachement à sa créature humaine. Michée signifie en hébreux «qui est comme Dieu ?» Oui, qui est comme Dieu, pour pousser si loin la miséricorde ?

Seigneur, je te parle.

«Tendre Yhwh si gracieux, lentes ses colères large son amour.

Pas de procès perpétuel ni de rancune pour toujours.

Loin de nous il écarte nos offenses.» (psaume 103, 8-9.12)

Jamais Seigneur tu ne te laisses vaincre par le Mal ; ta bonté surpasse infiniment nos fautes ; quel a beauté de ton pardon nous séduise et nous ramène à toi.

Seigneur, je veux te suivre.

Comment puis-je, aujourd’hui, par un geste ou une parole, rendre présente autour de moi la bonté de Dieu?