5ème dimanche de carême

1ère lecture : Isaïe 43, 16-21

“Le Seigneur dit : […] je vais faire passer un chemin dans le désert, […] des fleuves arides, pour désaltérer mon peuple, celui que j’ai choisi.”

Psaume 125

“Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve ! Alors notre bouche était pleine de rires.”

2ème lecture : Philippiens 3, 8-14

“Frères, […] je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus.”

Évangile : Jean 8, 1-11

“Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ?” Elle répondit : “Personne, Seigneur.” Et Jésus lui dit : “Moi non plus, je ne te condamne pas. Va et désormais ne pèche plus.”

Présentations extraites de : “Les cahiers, Prions en Église – N° 261”

Méditation

En lisant cet Évangile, nous pensons à tous les scandales, petits ou grands. Certains sont connus seulement de l’entourage familier. D’autres sont répandus par la Presse, la télé et Internet. Alors les langues vont bon train. Bien sûr, on ne lapide plus les pécheurs et les pècheresses. Mais on ricane, on dénonce celui qui a fauté ; on l’enfonce dans sa mauvaise réputation. On ne lui laisse aucune chance de s’en sortir.

C’est alors qu’il nous faut revenir à l’Évangile de ce jour : « Que celui qui n’a jamais péché soit le premier à lui jeter la pierre ». Jésus veut nous faire comprendre que nous sommes tous pécheurs, tous solidaires dans le péché. Avant de faire la leçon aux autres, nous avons besoin d’enlever la poutre qui est dans notre œil. Cette poutre, c’est l’orgueil et le mépris à l’égard de ceux qui ont fauté. Tout cela nous empêche d’accueillir l’amour qui est en Dieu. Nous ne devons jamais oublier que le Christ est venu chercher et sauver tous les pécheurs, même ceux qui ont commis le pire. Il veut nous ouvrir à tous un chemin d’espérance.

Comprenons bien : le péché est un mal qu’il faut combattre et rejeter. Mais le pécheur c’est quelqu’un qu’il faut guérir et sauver. Il a besoin d’être aidé pour qu’il puisse retrouver sa place dans la communauté des chrétiens. La vie chrétienne est un combat contre toutes les forces du mal. Mais pour ce combat, nous ne sommes pas seuls : Jésus est avec nous. Il ne nous enferme pas dans le péché que nous avons commis. Il sait que nous valons mieux que ça. Mais parce qu’il nous aime, il nous dit : « Va, et désormais ne pèche plus ! » Nous sommes faits pour l’amour, la liberté et la miséricorde. Nous sommes envoyés pour en être les témoins et les messagers dans ce monde qui en a tant besoin.

 

Dimanche des rameaux et de la Passion

Évangile des rameaux : Luc 19, 28-40

“Toute la foule des disciples […] se mit à louer Dieu […] pour tous les miracles qu’ils avaient vus.”

Première lecture : Isaïe 50, 4-7

“Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours.”

Psaume 21

“Toi, Seigneur, ne sois pas loin.”

Deuxième lecture : Philippiens 2, 6-11

“Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.”

Évangile : Luc : 22, 14- 23-56

“J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâques avec vous avant de souffrir ! ”

Présentations extraites de : “Les cahiers, Prions en Église – N° 261”

Réflexion

La violence s’est déchaînée contre Jésus. Mais lui, il répond par l’amour. Dans sa Passion, il a triomphé du mal et de la mort par la douceur et la compassion. C’est cela la victoire de la Croix. Nous vivons dans un monde qui souffre de la montée de la violence : actes terroristes, persécutions contre les chrétiens, insécurité dans certains quartiers, violences dans les écoles, les collèges, les lycées. Aujourd’hui, nous recevons cet évangile comme un appel à lutter positivement pour la vie, pour l’éducation et pour la paix. Le Christ nous montre que seul l’amour peut détruire la haine. La Passion selon Saint Luc est un appel très fort à la réconciliation. C’est la Bonne Nouvelle d’un amour qui pardonne et qui nous invite à recevoir le pardon que Dieu nous offre en son Fils. Tournons-nous vers la Croix du Christ. Comme lui nous implorons le Pardon du Père pour tous les hommes de notre temps : “Père, pardonne-leur !” Laissons-nous toucher par cette prière pour devenir à notre tour des témoins de la miséricorde de Dieu.

 

Jeudi Saint

Première lecture : Exode 12, 1-8.11-14

“Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur. Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là […] Ce jour-là sera pour vous un mémorial.”

Psaume 115

“Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce, j’invoquerai le nom du Seigneur. Je tiendrai mes promesses au Seigneur.”

Deuxième lecture : 1 Corinthiens 11, 23-26

“Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi.”

Évangile : Jean 13, 1-15

“Si […] je vous ai lavés les pieds, […] vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.”

Présentations extraites de : “Les cahiers, Prions en Église – N° 261”

Seigneur, je t’écoute.

«Jésus se présente devant Pierre qui lui dit : Quoi, Seigneur, toi, me laver les pieds ?» (Jean 13, 6)

Pierre à la fois ne comprend pas et comprend trop bien le geste de Jésus. À cette époque, on ne pouvait demander qu’à un esclave – et même pas un esclave juif – de laver les pieds. On l’a vu au long de l’Évangile : Pierre est très à l’aise avec le Jésus populaire et triomphant. Il se sent bien dans la gloire du Mont Tabor et veut y demeurer. S’il a suivi Jésus, c’est qu’il voit encore en lui un Messie politique qui conduira son peuple à se défaire de la domination romaine. Pour lui, se tenir proche de Jésus, c’est être proche du pouvoir.

Mais voilà que Jésus vire le monde à l’envers: lui, le Maître, se dépouille et accomplit une tâche d’esclave. Il place la grandeur dans le plus humble service. Mais quelle sorte de Messie est-il ? Et quelle sorte de royaume veut-il donc établir ?

Oui, Pierre a bien compris. Et il a peur. Non des ennemis de Jésus, mais de son rêve !

Seigneur, je te parle.

«Je t’en prie Yhwh c’est moi ton serviteur.» (psaume 117, 16)

Dieu présent en Jésus Christ, que fais-tu donc à mes genoux ? C’est moi le serviteur.

Que fais-tu donc à me laver les pieds, c’est moi le serviteur.

Ô Dieu de Jésus Christ, apprends-moi la joie de servir.

Que je comprenne enfin que je ne peux te servir qu’en servant les autres.

Seigneur, je veux te suivre.

Pendant cette journée, je pose un geste concret d’humble service.

P. Georges Madore, Montfortain

Vendredi Saint

Première lecture : Isaïe 52, 13-53,12

“En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié.”

Psaume 30

“En toi, Seigneur, j’ai mon refuge ; […] En tes mains je remets mon esprit ; tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.”

Deuxième lecture : Hébreux 4, 14-16 ; 5, 7-9

“Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance, et conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.”

Évangile : Jean 18,1 – 19,42

“Pilate lui dit : ‘Alors, tu es roi ? ‘ Jésus répondit : ‘C’est toi-même qui dis que je suis roi.'”

Présentations extraites de : “Les cahiers, Prions en Église – N° 261”

 

Méditation au pied de la croix

L’Amour a visité le monde, notre monde.

L’Amour a visité la trahison. Il a reçu le baisé de Judas. il a entendu Pierre s’écrier: « Je ne connais pas cet homme. Je ne connais pas cet homme Je ne connais pas cet homme ! »

L’Amour a visité le tribunal ; il a vu ce que valait la justice humaine, avec son lot d’hypocrisie, de mensonge et de couardise. L’Amour a visité le tribunal et a été condamné.

L’Amour a visité la prison ; il en a connu les chaînes et la violence, le mépris et les crachats. L’Amour a visité toutes les prisons pour y être enchaîné.

L’Amour a pris la croix sur ses épaules ; elle l’a écorché, meurtri, écrasé. Mais l’Amour l’a portée, cette croix, et il en a fait son trône pour que l’Amour règne dans toutes les croix.

L’Amour a embrassé la souffrance. Il l’a prise, toute laide, avec son cortège de larmes, de révolte et de désespoir. Il a pris cette souffrance dont personne ne voulait, dont personne ne savait que faire. Il a dit : « Donnez-la moi, cette souffrance, moi, je vais la recycler. Je vais en faire ce qu’il y a de plus beau au monde: je vais en faire de l’Amour. »

L’Amour a visité la mort. Il est descendu dans le trou qui avale tout. Il a perdu pied dans l’abîme de notre néant. L’Amour a visité la mort. Et ce fut la mort de la mort.

L’Amour vient me visiter aujourd’hui; « Veux-tu de moi, me demande l’Amour, veux-tu de moi, car ma plus grande douleur, c’est de n’être pas aimé, et ma plus grande joie, c’est d’être avec toi. Avec toi, où que tu sois. »

L’Amour m’a visité aujourd’hui.

P. Georges Madore, Montfortain

Samedi Saint

Seigneur, je t’écoute.

«Est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers» (Symbole des Apôtres)

Aujourd’hui, il n’y a pas de liturgie proprement dite, la veillée pascale étant déjà Pâques. Mais, tant dans l’Église romaine qu’orthodoxe, on propose la liturgie des heures. Celle-ci contemple le mystère de la ‘descente aux enfers’, c’est-à-dire de la descente du Christ au séjour des morts. Cela comporte un double message.

D’abord, cela veut dire que Jésus est vraiment mort! Pour les gens de sa culture, nul ne pouvait revenir quand les portes des enfers s’étaient refermées sur lui.

La descente aux enfers signifie aussi que le Christ est allé porter la vie même là, au pays des morts. Rien n’échappe à son pouvoir. C’est ce qu’exprime admirablement la liturgie orthodoxe aux vêpres du samedi saint  :

«Aujourd’hui, les enfers se plaignent et s’écrient : ‘ il eut été mieux que je n’accepte pas le fils de Marie, car il est venu à moi et a détruit ma puissance. Il a fait sauter mes portes de bronze (…) J’ai accueilli un mortel comme un des morts ; mais voilà que je ne peux le garder prisonnier, et avec lui, je vais perdre tous ceux que je dominais. Je tenais en mon pouvoir les morts de tous les siècles, mais voilà qu’il les ressuscite tous ! (…) Le berger crucifié a ressuscité Adam. Voilà la mort sans pouvoir ! Gloire à ta croix Seigneur, et à ta résurrection» ( The Lenten Triodion, p. 656).

Seigneur, je te parle.

Vierge Marie, tu es restée debout au pied de la croix.

Aujourd’hui, ton cœur de mère veille, aujourd’hui, ton cœur de croyante veille.

Partage-moi ta foi, plus forte que les tempêtes.

Partage-moi ta foi quand tout semble mourir autour de moi.

Seigneur, je veux te suivre.

Aujourd’hui, devant le crucifix ou une icône de la résurrection, je nomme des personnes proches décédées au cours de l’année. Je les confie à la puissance du ressuscité.

P. Georges Madore, Montfortain

 

Le Jour de Pâques

Première lecture : Actes 10, 34a.37-43

“Nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs à Jérusalem.”

Psaume 117

“Le bras du Seigneur se lève, le bras du Seigneur est fort ! Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur.”

Deuxième lecture : Colossiens 3, 1-4

“Vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu.”

Évangile : Jean 20, 1-9

“On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé.”

Présentations extraites de : “Les cahiers, Prions en Église – N° 261”

Seigneur, je t’écoute.

«Des femmes racontèrent aux apôtres ce qu’elles avait vu au tombeau, mais ils ont pris ça pour du radotage et ne les ont pas crues» (Luc 24, 11).

Dans leurs descriptions des événements de Pâques, les évangélistes soulignent deux choses. D’abord, le fait de la résurrection du Christ, dont le tombeau vide est un signe. Ensuite, la réaction des proches de Jésus à cet événement. Cette réaction en est une de désarroi, d’incompréhension et même d’incrédulité. Il leur faudra un bon moment pour accepter l’événement et encore plus pour en saisir le sens et les répercussions.

Nous avons souligné lors de la fête de l’Annonciation comment cette liturgie célébrait le ‘oui total’ de l’être humain à Dieu. On peut dire que Pâque d’autre part signifie le ‘oui total’ de Dieu à l’être humain.

Voilà que cette petite créature, moins forte que le cheval, moins rapide que le guépard, moins brillante que les anges et les démons, voilà que cette petite créature prétentieuse sur sa petite planète, pointe d’aiguille dans le cosmos, voilà que cet être minuscule, qui sait mieux regimber que remercier, voilà que Dieu l’accueille en lui, dans son mystère et dans sa tendresse. Au jour de Pâques résonne le grand oui de Dieu à tous les êtres humains, depuis Adam jusqu’à la fin des temps.

Seigneur, je te parle.

«Remerciez Yhwh il est bon, son amour est pour toujours.» (psaume 117, 1)

Si petits que nous soyons, Seigneur, tu t’attaches à nous.

Si petits que nous soyons,tu nous veux vivants devant toi et en toi.

Que chaque matin, Seigneur, j’entre dans le matin de Pâques.

Que chaque matin, j’aille à ta rencontre, Christ vivant, mon frère.

Seigneur, je veux te suivre.

Aujourd’hui, je peux apporter un peu d’eau baptismale de l’église. Au moment du repas de Pâques, les convives se signent avec cette eau et remercient pour la vie.

P. Georges Madore, Montfortain

 

 

2ème dimanche de Pâques

Première lecture : Actes 5, 12-16

“À Jérusalem, par les mains des Apôtres, beaucoup de signes et de prodiges s’accomplissaient dans le peuple.”

Psaume 117

“La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur.”

Deuxième lecture : Apocalypse 1, 9-11a. 12-13.17-19

“Je fus saisi en esprit, le jour du Seigneur, et j’entendis derrière moi une voix forte, pareille au son d’une trompette.”

Évangile : Jean 20, 19-31

“Jésus vint, et il était au milieu [des disciples]. Il leur dit : “La paix soit avec vous !” Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.”

Présentations extraites de : “Les cahiers, Prions en Église – N° 261”

 

En ce dimanche, pensons que nous sommes les héritiers de Pâques à la suite des premiers disciples. Oui, nous sommes bien concernés par cet héritage. Ce mandat et cette mission nous appartiennent en Église. Alors même que nous sommes si souvent bloqués loin du pardon, montés sur la défensive, enfermés dans nos peurs, nos réserves, nos violences, nos désirs de vengeance, considérons que le don de l’Esprit nous a été fait au baptême et à la confirmation, renouvelé dans l’eucharistie et le pardon sacramentel, pour qu’une œuvre de paix, de miséricorde et d’amour se réalise par nous et s’affermisse en nous, au plus profond de nous-même, et autour de nous. L’Esprit donne l’énergie de la miséricorde et la grâce du pardon. Rendons-lui témoignage par notre engagement. C’est là notre mission toujours actuelle, jamais finie, toujours à reprendre et à refaire. La victoire de Pâques a beau avoir sonné une fois pour toute, il reste du travail à faire. La mission ne fait toujours que commencer. La répercussion pascale doit parvenir en tous les coins et recoins de notre être et jusqu’aux confins de la terre.

P. Jacques Marcotte, o.p