7 juillet – 14ème dimanche du temps ordinaire

Première lecture (Isaïe 66, 10-14c)

“Vous serez nourris, portés sur la hanche ; vous serez choyés sur ses genoux. Comme un enfant que sa mère console, ainsi, je vous consolerai.”

Psaume 65

“Béni soit Dieu qui n’a pas écarté ma prière, ni détourné de moi son amour.”

Deuxième lecture (Galates 6, 14-18)

” La croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté. Par elle, le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde.”

Évangile (Luc 10, 1-12. 17-20)

” Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.”

Extraits de : Les Cahiers Prions en Église N° 262

Les textes bibliques de ce dimanche nous annoncent une bonne nouvelle. Dans la première lecture, le prophète Isaïe nous invite à la joie, une joie qui est donnée par Dieu lui-même. Il nous parle de « cieux nouveaux », de « terre nouvelle », de « Jérusalem nouvelle ». Il annonce également une paix « qui déborde comme un torrent ». Cette paix, ce n’est pas seulement une absence de guerre, c’est d’abord la plénitude de la présence de Dieu, la gloire des nations converties au Seigneur.

Voilà ce message d’espérance que le prophète adresse à Jérusalem. À son époque, il pensait à la ville qui avait été dévastée par l’occupation étrangère. Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous comprenons que ce message est aussi pour l’Église d’aujourd’hui. Nous la voyons dévastée par les persécutions mais aussi par les scandales dont elle est victime. Mais il nous faut réentendre cet appel à la joie et à l’espérance que nous adresse le prophète. Le mal n’aura pas le dernier mot. Le Seigneur est là pour nous combler de sa paix et de son amour. Notre cœur « sera dans l’allégresse ».

Cette « joie de l’Évangile » doit être annoncée à tous. C’est ce que nous fait comprendre l’Évangile de saint Luc : le Seigneur désigna 72 de ses disciples pour les envoyer deux par deux, « en avant de lui, dans toutes les villes et localités où lui-même devait se rendre ». Ce chiffre 72 symbolise l’ensemble des nations connues à l’époque de Jésus. C’est une manière de nous rappeler que la bonne nouvelle de l’Évangile doit être proclamée dans le monde entier. Elle n’est pas seulement pour ceux qui vont à l’église. Elle est aussi pour ceux qui n’y vont plus, pour les adolescents en pleine crise, pour tous ceux qui tournent en dérision la foi des chrétiens. Tous doivent pouvoir entendre et accueillir cette Bonne Nouvelle.

Nous comprenons bien que cette vaste mission dépasse toutes nos possibilités humaines. Mais saint Luc précise que Jésus envoie les 72 « en avant de lui, dans toutes les villes et localités où lui-même devait se rendre ». Nous sommes envoyés pour annoncer « la joie de l’Évangile » ; le Christ compte sur nous pour être ses messagers après de ceux et celles qui sont sur notre route. Comme disait si bien la petite Bernadette de Lourdes, nous ne sommes pas chargés de faire croire mais de dire. Le Seigneur est là pour agir dans le cœur de ceux et celles qui entendent la Parole. En dehors de lui, rien n’est possible.

Dans son envoi en mission, Jésus donne des consignes bien précises. « Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : « Paix à cette maison. » Les envoyés de Jésus ne sont pas des conquérants ; ils ne doivent pas user de la violence comme ceux qui prétendent conquérir le monde. Quand Jésus s’adresse aux hommes, il fait appel à leur liberté. Il leur dit son amour passionné, un amour que chacun est libre d’accueillir ou de refuser. Sa priorité est pour les plus grands pécheurs qu’il veut à tout prix sauver. Il est important que nous apprenions à regarder « les villes et les villages » avec le regard même de Dieu. Cette paix que le Seigneur veut nous donner, ce n’est pas seulement l’absence de conflit. C’est le pardon, la miséricorde pour tous. C’est la chance offerte à tous de se relever et de retrouver une vie nouvelle remplie de la présence et de l’amour du Christ.

Cette annonce de l’Évangile est actuellement un défi extraordinaire. Tous les ans, des chrétiens sont assassinés dans le monde, simplement parce qu’ils annoncent l’Évangile aux hommes. Mais rien ne pourra arrêter la Parole de Dieu ni l’empêcher de produire du fruit. C’est précisément en voyant le courage extraordinaire des chrétiens persécutés que des hommes et des femmes se convertissent à Jésus Christ.

L’apôtre Paul a lui aussi lui aussi rencontré des ennuis et des oppositions. Mais il a eu le courage d’aller à contre-courant de la mentalité de son milieu. Il s’est tourné vers les païens, non pour les convertir à la loi de Moïse mais pour leur annoncer Jésus Christ. Il ne cesse de dire que la croix du Christ reste son seul orgueil. Elle a ouvert aux hommes le monde nouveau de Dieu, la Création nouvelle. Dans la lecture de ce jour, Paul nous parle de la grâce et de la paix qui sont offertes à tous. La grâce, c’est l’amour de Dieu qui nous est donné par Jésus. Il nous communique aussi la paix avec Dieu mais aussi en nous et avec tous les hommes.

La mission de l’Église est une mission de paix. Elle est le fruit de la rédemption que le Christ nous a obtenue à grand prix. Nous avons été choisis « pour servir en sa présence » (PE 2). Si nous marchons avec le Christ, rien ne pourra briser notre élan. Si nous rencontrons la méchanceté, nous triompherons du mal par le bien. Nous comptons sur toi, Seigneur : Toi qui nous envoies « comme des agneaux au milieu des loups », rends-nous forts dans les épreuves et garde-nous fidèles à la mission que tu nous confies. Amen

P. Jean Compazieu

 

14 juillet – 15ème dimanche du temps ordinaire

Première lecture (Deutéronome 30, 10-14)

“Car cette loi que je te prescris aujourd’hui n’est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte.”

Psaume 18b (ou psaume 68)

“Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard.”

Deuxième lecture (Colossiens 1, 15-20)

“Car Dieu a jugé bon qu’habite en lui toute plénitude et que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de sa Croix.”

Évangile (Luc 10, 25,37)

“Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ?” Le docteur de la loi répondit : “Celui qui a fait preuve de pitié envers lui.”

Les Cahiers de Prions en Église N°262

  1. Cette Loi d’Amour que récite parfaitement le docteur de la Loi, elle n’est pas au dessus de nos forces, comme l’affirmait déjà Moïse. Elle est dans notre bouche quand nous proclamons “Seigneur Seigneur” en louant sa bonté! Et sans doute était-t-elle dans la bouche du prêtre et du lévite, récitant les psaumes en marchant, après avoir accompli leur service à Jérusalem pour la gloire de Dieu, mais seulement alors dans la bouche et non dans le cœur et le concret de la vie.
  2.  Mais Moïse nous précise que cette Loi d’Amour est dans notre bouche et notre cœur “pour que tu la mettes en pratique“(Dt 30, 10-14) Alors, qu’est-ce qui a empêché le prêtre, le lévite…et nous aussi parfois, hélas, de la mettre en pratique? Serait-ce la peur, la peur du risque…de l’Amour, des exigences de l’Amour, entraînant  repli sur soi, égoïsme?
  3. Le samaritain, lui, a pratiqué concrètement cette Loi d’Amour : Tu aimeras ton prochain…! C’est donc normalement notre prochain qui doit être le bénéficiaire de notre amour. Et c’est bien ce que nous comprenons. Mais alors, comment expliquer que dans ce récit, le prochain est finalement celui qui donne de l’amour, celui qui a secouru le blessé avec compassion, pour détourner cet homme du malheur et lui donner un espoir de vie et de bonheur. Le prochain, c’est celui qui “a fait preuve de bonté envers ce blessé”, comme le declare le légiste avec la pleine approbation de Jésus.
  4. Le samaritain  a “donné” et par là même, il est dans le”versant”DON de l’Amour. Mais surtout, il a pris beaucop de risques pouvant metre en peril son propre bonheur à lui: le risque de tomber lui aussi aux mains des bandits, encombré qu’il était, par ce blessé! Et si ce blessé mourait en cours de route, le risque d’être accusé! (Aujourd’hui, il lui serait reproché certainement,de n’avoir pas appelé le Samu, d’avoir donné des soins sans être compétent). Il a accepté le risque de se faire escroquer par l’aubergiste, de paraître “bonne poire”, le risque de s’occuper d’un étranger, voir d’un ennemi de sa communauté (peut-être même d’un terroriste…on ne sait jamais!)
  5. Ce samaritain a pratiqué, de ce fait le volet le plus important, le plus difficile de l’Amour, qui est l’acceptation de dépendre de “l’autre”, des autres, en prenant tous les risques de compromettre son propre bonheur !
  6. Certes, dans cette affaire, le pauvre blessé a eu la vie sauve et c’est énorme ! Il a donc beaucoup reçu. Mais le samaritain a reçu plus encore: l’entrée, de plein pied, dans l’AMOUR total, celui de Jésus !.. En pratiquant ce second volet de l’Amour,il est devenu un “juste”, promis à la Vie éternelle, celle là même que recherchait le légiste qui interrogeait Jésus!
  7. Comprenons bien que cette parabole a toute sa place dans notre vie de tous les jours où il nous faut prendre des risques énormes et de plus en plus ! Que ce soit celui de l’engagement conjugal, celui de “faire des enfants” et encore plus de les élever, de consacrer sa vie à Dieu ou à une bonne cause, le risque de faire la paix et la justice, le risque, énorme souvent, de pardonner !
  8. Notre société se veut celle du risque zéro concernant toute douleur et souffrance et, ce faisant, elle s’est blindée vis-à-vis de l’Amour. Elle a oublié que l’Amour est certes la recherche du bonheur (véritable) de l’autre, mais aussi acceptation, pour notre propre Bonheur, d’une dépendance (d’Amour) vis-à-vis de l’autre, comme celle dont Jésus a accepté le risque, afin de nous ramener, par l’Amour, sur le chemin du Bonheur! C’est ce qu’a fait le samaritain. Et ce que nous ferons si nous avons compris que le Bonheur est dans le risque…de l’Amour !

Michel André – diacre

21 juillet – 16ème dimanche du temps ordinaire

Première lecture (Genèse 18, 1-10a)

“Je reviendrai chez toi au temps fixé pour la naissance, et à ce moment-là, Sara, ta femme, aura un fils.”

Psaume 14

“Celui qui se conduit parfaitement […] ne fait pas de tort à son frère.”

Deuxième lecture (Colossiens 1, 24-28)

“Ce Christ, nous l’annonçons : nous avertissons tout homme, nous instruisons chacun en toute sagesse, afin de l’amener à sa perfection dans le Christ.”

Évangile (Luc 10, 38-42)

“Quant à Marthe, elle était accaparée.[…] Elle intervint et dit : “Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ?”

Extraits de : Les Cahiers Prions en Église N° 262

Garder le cœur libre.
Nous savons que Jésus ne ménageait pas son temps : même quand il prenait un peu de repos avec ses disciples, il était vite rattrapé par la foule et par les malades qui venaient l’implorer ; Il ne trouvait que dans la nuit le silence nécessaire à sa prière. Jésus aimait aussi venir se reposer quelques trop courts instants chez ses amis de Béthanie ; occasion de parler sans doute avec eux de ce qu’il venait de vivre et du royaume qui grandissait dans les cœurs. Jésus devait avoir des mots très simples et très forts pour dire son amour envers son Père et son désir de faire sa volonté, de mettre en œuvre son projet de salut de tous les hommes. Ensemble, ils devaient prier dans l’action de grâces et dans un profond recueillement.
Ce jour-là pourtant, dès qu’Il est entré dans la maison, Jésus a dû sentir que Marthe n’était pas vraiment disposée à écouter : elle était trop préoccupée par le repas à préparer et, voulant trop bien faire, elle ne prêtait plus attention à ce qui se disait . L’Evangile nous dit que Marthe  s’affairait à un service compliqué . Quand Jésus a dit à Marthe que Marie avait choisi la meilleure part, il ne lui a pas dit d’abandonner son travail. Il lui a simplement fait comprendre qu’elle pouvait le rendre encore plus beau, plus humain. Vivre ce qu’on fait par amour, et dans une attitude d’écoute et de confiance, c’est la meilleure façon de nous détendre et de pratiquer l’hospitalité ; d’accueillir aussi le Seigneur dans nos vies.

Inquiétudes !
C’est une chose qui nous arrive souvent à nous aussi, même pendant les vacances ! Nous nous disons : pendant ce temps de repos, nous allons enfin pouvoir nous rencontrer, parler un peu, échanger, prier un peu mieux que d’habitude. Mais à la fin des vacances il nous arrive de constater qu’on ne s’est pas dit grand-chose… et nous avons seulement meublé les occasions de silence avec des occupations et des inquiétudes nouvelles ne serait-ce que pour organiser nos loisirs. Alors le Seigneur nous dit comme à Marthe :  pourquoi t’inquiètes-tu  ? (les jeunes savent d’ailleurs parfois nous le faire remarquer, en nous disant ce mot à la mode : « t’inquiète » !). Même en faisant la cuisine, ou en étant occupés à nous distraire, apprenons ou réapprenons à accueillir les présences et les paroles qui nous sont offertes , à commencer par celle du Seigneur, d’autant plus qu’Il n’est pas dans la pièce d’à côté : Il est au fond de nous et nous attend pour un peu de repos avec nous ; et il vient aussi à notre rencontre à travers chacun de nos visiteurs.
La joie de retrouver une attention paisible, au Seigneur comme à tous, quelles que soient nos occupations, devrait donc être la meilleure part de notre vie, en particulier pendant le temps des vacances ; celles-ci nous offrent d’ailleurs de nombreuses occasions d’écouter et de regarder la vie autrement, avec un regard renouvelé, plus intérieur.

Se hâter pour accueillir
N’oublions pas cependant que Marthe, après la mort de Lazare, s’empressera d’aller attendre le Maître à l’entrée du village de Béthanie. Cette fois, Jésus appréciera cette hâte de Marthe afin d’en savoir plus sur le mystère de la mort et de la vie. Elle sera la première à entendre de Jésus son plus beau secret : je suis la résurrection et la vie .
La première lecture de cette messe nous a parlé de l’accueil fait par Abraham à ses visiteurs. A la manière de Marie à Béthanie, Abraham est également assis devant sa tente, au lever du jour ; il attend silencieusement dans la foi et la prière la réalisation de la promesse du Seigneur. Pourtant, dès qu’il voit arriver de loin les trois visiteurs, Abraham se lève rapidement pour préparer leur accueil ; il court demander à sa femme Sarah de se dépêcher de préparer la table ; et il demande aux domestiques d’aller tuer de suite le veau gras. Mais cette hâte n’est pas une précipitation inquiète : elle est simplement le signe de la disponibilité du cœur d’Abraham. Dans les affaires de Dieu, il ne faut pas confondre hâte et agitation.
Plus tard on verra Marie, la mère de Jésus, se hâter également pour aller visiter Élisabeth ; l’Évangile nous montrera aussi les disciples d’Emmaüs revenir en hâte vers Jérusalem pour annoncer à leurs amis la Résurrection de Jésus. Jésus lui-même ne dira-t-il pas un jour à ses disciples, en pensant à sa passion et à sa résurrection, sources de notre salut : « comme j’ai hâte que le feu soit allumé sur la terre ».

Père François Nicolas cssp

28 juillet – 17ème dimanche ordinaire

Première lecture | Genèse 18, 20-32

“J’ose encore parler à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre […] Vas-tu détruire toute la ville ?”

Psaume 137

“Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble ; de loin, il reconnaît l’orgueilleux.”

Deuxième lecture | Colossiens 2, 12-14

“Dans la baptême, vous avez été mis au tombeau avec le Christ, et vous êtes ressuscités avec lui par la foi en la force de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts.”

Évangile | Luc 11, 1-13

“Quand vous priez, dites : ¨Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne.”

Extraits de : Les Cahiers Prions en Église N° 262

Comment mieux prier ?
Aujourd’hui, nous voyons Jésus apprendre à ses disciples les paroles du Notre Père et les rassurer en leur disant que leur prière, si elle est faite avec une vraie foi, est toujours entendue.

Voyant avec quelle confiance Jésus priait on comprend que ses disciples se soient tournés vers lui pour entendre son témoignage et son enseignement. Nous-mêmes, nous sommes bien souvent en quête d’une prière plus profonde et plus vraie et nous sommes heureux de trouver sur notre chemin des personnes dont la façon de prier nous encourage ! Nous aussi apprenant à nous tourner vers Dieu, apprenons à mieux nous tourner vers les autres dans une même démarche de conversion.

Notre Père.
Dire à Dieu « 
notre Père
 », c’est revenir à Lui avec un cœur et une audace d’enfant : Jésus faisait ainsi en l’appelant «Abba » (Papa). Ainsi, en priant, nous commençons à nous guérir de cette crainte viscérale qui trop souvent fausse notre relation avec Dieu. Comme si depuis le « premier » péché l’homme avait peur de Dieu  et voulait se cacher de Lui !

Nous savons toute l’importance qu’il y a de nommer quelqu’un par son nom et avec le cœur. Nommer ainsi quelqu’un, c’est déjà résumer en un mot toute une histoire de relations et d’amitié, et cela peut même remplacer tout un discours. Les personnes auxquelles nous nous adressons ainsi sentent d’emblée la vérité de notre attitude. C’est ainsi que dans leur prière, beaucoup de personnes s’arrêtent en disant Père, ou Jésus, ou Marie !

Parler à Dieu comme à notre Père, c’est déjà
sanctifier son nom
, c’est-à-dire qu’il n’est pas seulement un nom sur une liste, mais qu’Il est unique aussi bien pour nous que pour tous, car le nom de chacun est écrit dans sa main. Et Celui qui a révélé son nom à Abraham en disant :
je suis celui qui suis
est aussi celui qui « 
est là »
tout au long de mon histoire  et de notre histoire humaine comme le Père qui nous ouvre le chemin et nous protège. Nous aimerions tellement pouvoir montrer à d’autres que Dieu est ainsi, alors que tant d’hommes en parlent de façon si légère et le blasphèment par leur mépris.

Le Règne de Dieu
nous concerne en premier lieu, car nous savons qu’il a commencé à venir parmi nous en toute lumière avec la Croix et la Résurrection du Christ. Nous avons alors découvert qu’il n’y avait pas d’autre issue de bonheur pour l’homme que dans un service de l’amour qui va jusqu’au don total de soi. Dans le règne de Dieu le plus grand se fait le plus petit et le plus pauvre est libéré des liens de la mort… En parlant du royaume de Dieu, Jésus le comparait à un incendie : l’incendie contagieux de l’amour, et il disait :
comme je voudrais qu’il soit déjà allumé …
Dans notre société si repliée sur elle-même, nous aurions besoin de tellement de saints incendiaires ! C’est en tout cas la volonté d’amour de Dieu qu’il en soit ainsi.

Quoi demander ?

Les demandes du notre Père ne sont pas celles d’un moi égoïste, mais d’un frère qui prie avec et pour ses frères : Jésus nous invite à prier en disant “nous”… en Église, avec toute l’humanité. C’est aussi une façon de se convertir que de passer du “je” au “nous”.

En présentant nos demandes à notre Père, nous lui parlons à la fois de notre passé, de notre présent et de notre avenir, et à travers tout cela d’une vie où se mêlent nos angoisses et notre espérance .

Le passé ne pèsera plus sur chacun dès que le pardon sera reçu ; le présent ne sera plus angoissant pour tant d’hommes qui manquent du pain quotidien et pour nous qui avons besoin de tant de vraies nourritures, et la route de notre avenir sera plus sereine si nous voyons disparaître devant nous les barricades de la tentation ou de tant de menaces qui pèsent sur l’homme. Nous pourrions dire que le Notre Père nous met dans l’esprit qui est celui des Béatitudes : il nous apprend à assumer notre pauvreté radicale et à la présenter devant Dieu avec un regard plein de confiance ; il libère en nous la joie et la paix, qui sont les plus belles grâces de la prière.

Persévérer par confiance :
On comprend donc qu’après nous avoir transmis les paroles du Notre Père Jésus se soit attardé pour nous parler de la persévérance dans la prière.. On ne persévère que si on aime et si on fait confiance… (pensons à Abraham qui avait insisté avec une grande audace dans sa prière pour Sodome). Il faut prier sans cesse et « y croire »… le Père nous aidera alors à ne pas tout confondre dans nos désirs, comme le font les gamins qui ne sauraient pas discerner un poisson d’un œuf, ou un scorpion d’un œuf .

Père François Nicolas cssp