4 août – 18ème dimanche ordinaire

“Rassasie-nous de ton amour” Psaume 89,14

Première lecture (Qohèleth 1, 2 ;2, 21-33) – « Que reste-t-il à l’homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil ? »

Psaume 89 – « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la sagesse. »

Deuxième lecture (Colossiens 3, 1-5.9-11) – « Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire. »

Évangile (Luc 12, 13-21) – « Il y avait un homme riche. […] Dieu lui dit : « […] Cette nuit même, on va te demander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? »

                                                                                                                                               (Les Cahiers de Prions en Église N° 263)

La méditation du Père Gilbert Adam

S’il nous faut respecter les nécessités humaines de la vie, il nous faut plus encore honorer la dimension spirituelle de notre être. Notre manière de vivre éclaire le but que nous donnons à notre existence : soit, tout se termine avec la vie terrestre, soit, cette vie est une étape vers la vie éternelle. Il nous faut être en cohérence dans ce que nous vivons avec ce que nous croyons. La vie présente est le commencement de la vie éternelle, elle est une préparation à la rencontre ultime avec le Dieu d’Amour. Dans l’Evangile, à partir d’une situation de conflit, Jésus, selon son habitude, élève le regard de son interlocuteur, il l’ouvre à regarder en face les vraies valeurs, il l’entraine plus loin. C’est la capacité d’aimer et d’être aimé qui donne du sens et de la valeur à notre vie, le reste est illusoire. Il y a dans le cœur de l’homme des peurs et des désirs qui le poussent à rechercher les biens matériels. Nous cherchons dans la possession des biens une sécurité pour apaiser notre crainte de l’avenir ou la satisfaction de notre désir de puissance ou de gloire.

“Puis, s’adressant à la foule : « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d’un homme, fût-il dans l’abondance, ne dépend pas de ses richesses. » Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté. Il se demandait : ’Que vais-je faire ? Je ne sais pas où mettre ma récolte.’ Puis il se dit : ’Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède. Jésus nous rappelle que l’augmentation des biens matériels n’ajoutera rien au bonheur de notre vie terrestre. Un jour, il nous faudra quitter cette vie terrestre pour la vie éternelle avec Dieu à laquelle nous sommes destinés. Dès à présent, nous tendons vers les réalités spirituelles qui seules passeront la mort. Dieu Amour a mit en nous une capacité d’aimer et d’être aimé pour accueillir l’Amour même. Notre vie est cachée en Dieu et nous sommes déjà ressuscités avec le Christ recherchant les réalités d’en haut. Il s’agit durant notre vie terrestre de travailler à augmenter notre capacité d’aimer qui nous fera franchir le cap de la mort. La manière dont nous utilisons des biens matériels est le critère de l’amour authentique, il est celui avec lequel nous pouvons juger de notre vie.

“Alors je me dirai à moi-même : Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.’ Mais Dieu lui dit : ’Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l’aura ?’ Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. » Le monde avide de biens croit trouver dans les biens sa sécurité. Rempli de lui-même, il se fait illusion car Dieu seul est le maitre de la vie et de la mort ! L’homme est le dépositaire de biens proposés pour faire advenir l’amour authentique du Royaume de Dieu. Le but de notre passage sur la terre est le partage et le don de ces biens aux plus petits en vue du Royaume. C’est ainsi que nous nous préparons un trésor pour le ciel. Devenir riche pour Dieu avec Jésus le Sauveur de notre vie, c’est entrer dans une dynamique de détachement par rapport aux biens matériels pour communier tous ensemble dans l’amour. L’amour de Dieu, reçu et partagé, est le lieu où nous réalisons notre véritable réussite humaine. Nous quittons alors nos peurs et nos désirs de puissance pour trouver en Dieu et dans l’amour partagé notre sécurité et notre bonheur. Le partage, l’accueil de l’autre, et surtout du petit et du pauvre, est un trésor et une richesse pour Dieu. Tout vient de Dieu, tout nous est donné pour le partage. Ainsi se bâtit le Royaume des cieux sur la terre.

11 août – 19ème dimanche ordinaire

“Tenez-vous prêts” Luc 12,40

Première lecture (Sagesse 18, 6-9) – « Et ton peuple accueillit à la fois le salut des justes et la ruine de leurs ennemis.En même temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais à la gloire. »

Psaume 32 – « Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour. »

Deuxième lecture (Hébreux 11, 1-2. 8-19) – « Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi. »

Évangile (Luc 12, 32-48) – « Vendez ce que vous posséder et donnez-le en aumône. […] Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.)

                                                                                                                                              (Les Cahiers de Prions en Église N° 263)

La méditation du Père François Nicolas cssp

La joie d’attendre
Dimanche dernier, la Parole de Dieu nous a invités à ne pas nous laisser dominer par l’inquiétude des richesses de la terre. Aujourd’hui, elle nous rejoint dans cette invitation à voir dans les moments d’attente les plus beaux moments de notre vie. Il y a bien sûr la joie de nous préparer à la venue d’amis ou de parents, ou celle des parents qui se disposent dans leur cœur à la naissance de leur enfant. Mais notre foi elle-même est sans cesse tissée de grandes et belles attentes. Ainsi, pour les principales étapes de la vie chrétienne, le baptême, le mariage, l’Eglise nous fait parcourir des chemins de préparation d’un véritable accueil du Seigneur. La liturgie de son côté nous aide par exemple avec l’Avent à nous réjouir à l’avance de la venue du Sauveur parmi nous ; et avec le Carême, elle dispose notre cœur à faire le passage de la Pâque avec le Christ.
La première lecture nous a montré que le peuple de Dieu avait connu, même dans la nuit de l’épreuve, l’attente de la réalisation des promesses du Seigneur auxquelles il avait cru : il était le Peuple qui vivait de l’attente et continuait d’exister grâce à elle. Pour les chrétiens, vivre en « croyants » c’est percevoir en toutes choses les signes de l’arrivée prochaine du Seigneur : l’attente du Royaume donne sens à notre vie. Bientôt, en la fête du 15 août, nous nous rappellerons que Marie a été la première à ouvrir la nouvelle marche de l’attente du Royaume. Avec Marie, avec les premiers chrétiens, mettons-nous en veille et disons   Marana tha ! Seigneur viens.

Une époque inquiète ?
Malgré cette espérance pourtant si proche de nous, beaucoup de gens se disent aujourd’hui : qu’est-ce que demain va nous apporter ? Ils ont peur – non sans raison – de ce qui pourrait leur arriver à la rentrée prochaine ou plus tard ; ils ont peur de ne plus rien pouvoir contrôler et ils ont peut-être aussi peur d’eux-mêmes. Certains, n’ayant plus la foi, semblent chercher comme à tâtons des espérances de remplacement, et se demandent comment sortir de leurs angoisses. Un jeune en recherche de repères et donc en perte d’espérance, posait la question : pourquoi sommes-nous sur la terre ? « Sois sans crainte » pourrions-nous lui répondre au nom de Jésus, même si notre foi est elle-même par moments hésitante. St Paul rassurait ses auditeurs Hébreux en leur disant que la foi est une façon de posséder déjà ce qu’on espère   ; il leur rappelait qu’Abraham avait construit sa vie sur cette espérance de la foi qui ne l’avait jamais déçu, même si les apparences avaient bien souvent semblé lui prouver le contraire. Tous les hommes de foi ont vérifié que Dieu est le seul qui puisse tenir pleinement ses promesses, combler leurs attentes, et faire d’eux une source d’espérance pour les autres, les rassurer sur le sens de leur vie. La première lecture nous a montré comment les Hébreux avaient été délivrés de l’esclavage au cours de la nuit de la Pâque.
Nous-mêmes, nous savons que le retour du Seigneur est proche ; et même au cœur des nuits les plus obscures qui peuvent entourer notre vie, Il s’approche déjà en nous disant comme à ses disciples : n’ayez pas peur, ne craignez pas. Le Christ ressuscité est le commencement et la fin de tout, il est l’accomplissement de toute vie humaine, sans exception.
Gardez vos lampes allumées
Dans l’Evangile, Jésus nous dit que mettre tous nos espoirs dans les biens de la terre fera toujours de nous des gens inquiets. Et la tristesse rongeant notre vie, nous finirons même par ne plus avoir le cœur à ce que nous faisons ; au travail, à la maison et même dans notre vie de foi, nous mènerons alors une sorte de vie d’esclaves, parce que tout nous est obligation (à commencer par celle du « rendement » qui fait de nous de vrais esclaves !). Dans nos relations ordinaires, comme au travail, nous savons que la confiance mutuelle et l’amitié changent tout ! Jésus rappelle à ses disciples que seuls des serviteurs habités par la confiance sont de vrais intendants sur lesquels le Maître puisse compter ; aussi un jour Il pourra même leur dire : je ne vous appelle plus serviteurs mais mes amis.

15 août – Assomption de la Vierge Marie

1ère lecture (Apocalypse 11, 19a ; 12, 1-6a. 10ab) – « Elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations. »

Psaume 44 – « Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui. Alors, les plus riches du peuple, chargés de présents, quêteront ton sourire. »

Deuxième lecture (1 Corinthiens 15, 20-27a) – « C’est lui qui doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort. »

Évangile (Luc 1, 39+56) – « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

                                                                                                                                                 (Les Cahiers de Prions en Église N° 263)

Cette fête de l’Assomption est l’une des mieux célébrées en l’honneur de la Vierge Marie. Ils sont nombreux ceux et celles qui profitent de l’occasion pour se rassembler à Lourdes et sur les lieux de pèlerinages pour invoquer sa protection. C’est que Marie tient une place toute spéciale. L’Église est comme une grande famille. Dieu est notre Père. Marie y joue un rôle maternel. La fête d’aujourd’hui nous donne l’occasion de réfléchir à ce rôle que Dieu a confié à Marie.

L’Assomption c’est la fête de Marie qui entre corps et âme dans la gloire de Dieu auprès de son fils ressuscité. La bonne nouvelle c’est que Marie n’a fait que nous y précéder. Ce bonheur qui est le sien, nous y sommes tous appelés. Ce que Dieu a réalisé pour Marie nous est également destiné. Avec Marie, notre vie actuelle est une marche à la suite du Christ vers cette grande fête que Dieu nous prépare.

Dans l’évangile, Jésus se présente à nous comme Le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est par lui que nous passons pour aller au Père. Et Marie est toujours là pour nous renvoyer sans cesse à lui. Comme aux noces de Cana, elle nous redit inlassablement : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Son message à Lourdes, Fatima et ailleurs nous renvoie à l’évangile. Il est un appel à la prière, la pénitence et la conversion.

L’Évangile qui nous est proposé fait suite à l’Annonciation. L’ange Gabriel vient d’annoncer à Marie qu’elle serait la mère du Sauveur. Ayant appris que sa cousine Élisabeth est devenue enceinte du futur Jean Baptiste, elle se met en route. Cette rencontre entre Marie et Élisabeth donne lieu à une explosion de joie. La Visitation ce n’est pas qu’une simple rencontre familiale entre deux cousines : c’est la rencontre des deux alliances, l’ancienne avec Élisabeth et la nouvelle avec Marie. À travers ce Messie pas encore né, c’est Dieu qui vient visiter le peuple de l’ancienne alliance.

Tout cela doit donner une nouvelle orientation à la manière dont nous vivons les uns avec les autres. Si nous voulons honorer Marie, il ne faut pas oublier qu’elle est notre mère à tous, y compris de ceux que nous n’arrivons pas à supporter. Comment honorer Marie en ce 15 août si nous avons un regard et des paroles méprisantes pour telle ou telle catégories de personnes. Comment l’appeler « Reine de la Paix » si nous sommes fâchés avec un voisin ? Comme le Christ, Marie souffre de ces divisions qu’il y a dans le monde, dans nos communautés et nos familles.

Mais avec elle, il n’y a pas de situation désespérée. Quand tout va mal, quand nous sommes sur la croix, elle est là. Elle se tient debout pour nous aider à traverser l’épreuve. Quand nous sommes en manque de paix et de joie, elle est encore là. Comme aux noces de Cana, elle dit à Jésus : « Ils n’ont plus de paix et de joie. » Et Jésus nous rend la paix et la joie. Quand nous sommes tombés au plus bas, elle se baisse pour nous ramasser. Elle ne craint ni notre péché ni notre douleur. Elle qui a misé toute sa vie sur l’amour, elle nous aide à nous remettre debout pour reprendre notre route à la suite du Christ.

En ce jour, nous rendons grâce au Seigneur pour ce cadeau merveilleux qu’il nous fait en nous donnant Marie pour mère. Cette fête de l’Assomption vient raviver notre lien profond à Jésus Christ et notre désir de le suivre fidèlement tout au long de notre vie. On a aussi appelé cet événement « la dormition de Marie ». La mort c’est fermer les yeux à ce monde pour les rouvrir à Dieu. Cette fête doit renouveler et renforcer notre confiance en lui. Ne craignons pas l’avenir ni le jugement de Dieu. Oublions nos péchés ; brûlons-les au feu de la Miséricorde. Nous serons jugés sur l’amour et seulement sur l’amour. C’est l’Amour qui nous prendra et nous emportera. L’heure où nous quitterons la terre sera notre Assomption.

                                                                                                                                                                                  Père Jean Compazieu


 

20ème dimanche ordinaire

“Je suis venu apporter le feu” Luc 12,49

1ère lecture (Jérémie 38, 4-6. 8-10 – “prends trente hommes avec toi, et fais remonter de la citerne Jérémie avant qu’il ne meure.”

Psaume 39 – “Je suis pauvre et malheureux, mais le Seigneur pense à moi. Tu es mon secours, mon libérateur : mon Dieu, ne tarde pas !”

2ème lecture (Hébreux 12, 1-4) – “Méditez l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement.”

Évangile (Luc 12, 49-53) - "Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé !"

 

En lisant l’Évangile de ce dimanche, nous risquons de comprendre le contraire de ce qu’il veut dire. Ce feu que Jésus est venu apporter sur terre, ce n’est pas le feu destructeur. Il n’a rien à voir avec les bombes qui détruisent des villes entières. Dans le livre de l’Exode, nous lisons l’épisode du buisson ardent : il nous dit l’amour passionné de Dieu qui a vu la misère de son peuple et qui veut le sauver. C’est ce même feu dévorant qui animait le prophète Jérémie lorsqu’il s’adressait à son peuple de la part de Dieu.

Ce feu que le Christ désire voir s’allumer, c’est celui de l’amour qui est en lui. Tout l’Évangile nous dit cet amour passionné de Jésus pour son Père et pour tous les hommes : il « nous a aimés comme on n’a jamais aimé ». Son amour pour chacun dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Nous n’aurons jamais fini d’en découvrir toute la grandeur. Ce feu qui ne demande qu’à se répandre dans le monde entier, c’est celui de la Pentecôte. Ces langues de feu qui se sont posées sur les apôtres reposent aussi sur chacun de nous et ce feu a pris. Désormais toute notre vie doit être employée à l’attiser. Il ne suffit pas d’être un bon pratiquant. Il importe que toute notre vie se transforme en feu.

Ce feu c’est aussi celui qui réchauffe. Nous pensons aux disciples d’Emmaüs lors de leur rencontre avec Jésus ressuscité. Ils ne l’ont pas reconnu à ce moment-là ; mais leur cœur était tout brulant quand il leur expliquait les Écritures. Nous aussi, nous pouvons répandre ce feu de l’Amour en réconfortant les désespérés de notre monde. Ce feu est également une lumière qui éclaire notre vie et lui donne un sens nouveau. Cette lumière nous a été transmise au jour de notre baptême. Nous sommes envoyés pour la porter et la rayonner dans ce monde qui en a bien besoin. « Il ne fait jamais nuit là où on s’aime » dit un proverbe africain.

Une autre qualité du feu, c’est de purifier. Il détruit les déchets dans les décharges. Il réduit en cendres tout ce qui est inutile. Les paroles du Christ ont cette puissance purifiante du feu. Elles viennent décaper tout ce qui est contraire à l’amour. Un chrétien ne peut pas bénir tout ce qui se fait dans le monde sous prétexte que c’est « moderne ». Il y a des lois et des pratiques que l’Église désapprouve parce qu’elles sont contraires à l’évangile.

Mais quand on est animé de cet amour passionné pour Dieu, rien n’est facile. Le prophète Jérémie en a fait la douloureuse expérience. Il a été mis en prison puis enfermé dans une citerne. Sa parole dérangeait les puissants de ce monde. Ceux qui racontent cette histoire nous disent leur foi. Jérémie ne prêchait pas la défaite mais l’écoute du Seigneur. L’unique défaite c’est l’éloignement du Seigneur et de sa loi.

La lettre aux hébreux (2ème lecture) est adressée à des chrétiens persécutés. Elle leur montre les grands témoins de la foi que l’on trouve tout au long de l’Ancien Testament : c’est une foule immense qui stimule notre espérance. Mais le plus important c’est de fixer notre regard sur le Christ vainqueur de la mort et du péché. Nous sommes tous appelés à participer à ce triomphe de l’amour de Dieu.

Les épreuves du prophète Jérémie et celles des premiers chrétiens sont toujours d’actualité. La foi au Christ entraîne des risques. Si nous choisissons de prendre ses paroles au pied de la lettre, on va nous prendre pour des fanatiques ou des intégristes. On va nous accuser d’être entrés dans une secte. Il y aura des conflits à l’intérieur des familles. Ces conflits ne sont pas voulus par le Christ. Mais de fait, dans une même famille, il y a ceux qui adhèrent à lui et ceux qui le rejettent. Sa parole nous invite à prendre position contre tout ce qui est contraire à l’amour, y compris à l’intérieur de nos familles.

Si notre foi se manifeste uniquement par notre participation à la messe, nous ne prenons pas de gros risques. Il y aura peut-être des moqueries dans certains milieux de travail et de loisir, parfois aussi dans les familles. Mais dans certains pays, ceux qui se convertissent à Jésus sont en danger de mort. Le vingtième siècle est celui qui a connu le plus de martyrs. Leur témoignage ne cesse de nous interpeller. Vis-à-vis de Jésus, il n’y a pas de compromis possible : Ou bien on se tourne vers lui et on s’efforce de le suivre, ou bien on regarde vers soi-même et vers son seul profit… et alors le feu s’éteint.

Pour remplir sa mission l’Église a besoin de chrétiens vraiment passionnés de cet amour qui est en Dieu. François Mauriac disait : « Si vous êtes un disciple du Christ, beaucoup se réchaufferont à ce feu. Mais les jours où vous ne brûlez pas d’amour, d’autres mourront de froid. » Alors oui, laissons ici-bas nos cœurs s’embraser de cet amour qui est en Dieu.

                                                                                                                                                                                Père Jean Compazieu.

 

21ème dimanche ordinaire – C

“Entrer par la porte étroite” Luc 13,24

1ère lecture (Isaïe 66, 18-21) – “Moi, je viens rassembler toutes la nations, de toutes langue. Elles viendront et verront ma gloire : je mettrai chez elles un signe !

Psaume 116 – “Louez le Seigneur tous les peuples… Son amour envers nous s’est montré le plus fort ; éternelle est la fidélité du Seigneur “

2ème lecture (Hébreux 12, 5-7.11-13) – “Ce que vous endurez est une leçon. Dieu se comporte envers vous comme envers des fils, et quel est le fils auquel son père ne donne pas de leçons ?”

Évangile (Luc 13, 22-30) – “Quelqu’un lui demanda : “Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? ” Jésus leur dit : “Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite.”

Jésus leur dit : « Efforcez- vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas. La porte étroite est peut-être le portillon qu’on laissait ouvert un moment, quand déjà les grandes portes de la ville étaient fermées pour la nuit. C’est ainsi une porte de miséricorde pour ceux qui se sont laissé surprendre au dehors, par la fermeture qu’ils auraient dû prévoir. L’important est toujours de saisir l’occasion et d’entrer à temps dans la ville. La “route vers Jérusalem” sur laquelle Jésus marche avec grande détermination est pour nous la route du salut. Jésus va opérer ce grand retour vers le Père en achevant sa mission de nous conduire vers lui. Il est beau de contempler ce chemin de Jésus qui enseigne en vérité notre retour vers le Père ! Sa Parole est Vérité, elle manifeste les exigences de l’amour dans notre cœur. Nous comprenons que Jésus ne cache rien de ce chemin de Vérité et d’amour ! “Quelqu’un lui dit : Seigneur, n’y aura–t–il que peu de gens sauvés ?”

“Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : ’Seigneur, ouvre-nous’, il vous répondra : ’Je ne sais pas d’où vous êtes. Alors vous vous mettrez à dire : ’Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.’ Les auditeurs de Jésus ont compris qu’il les pressait de revenir à la foi. Jésus insiste moins sur l’étroitesse de la porte que sur l’urgence de s’y engager. Faites vite car la porte un jour sera fermée ! Des croyants venus du levant et du couchant, du nord et du midi seront, par leur foi, plus avancés dans le Royaume. Le chemin du Royaume est celui du véritable amour, c’est un chemin tout intérieur qui se vit du dedans, un secret connu du cœur de notre Père, dans le secret du cœur. Dans cet “intérieur” de l’amour, le regard d’amour du Père nous trouve et nous rencontre. Le monde qui ne connait pas Jésus ignore la capacité d’amour inouïe qui se cache dans le cœur de l’homme ! Le Royaume de Dieu est l’ouverture à l’amour de tous, fidèles aux noces de l’Agneau immolé !

Il vous répondra : ’Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal.’ Il y aura des pleurs et des grincements de dents quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors. Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. » La porte se refermera et l’histoire du monde sera close, un jour, chacun tournera la dernière page de sa vie. Nous l’oublions si facilement, et Jésus ne veut pas que nous l’oubliions. Il est doux et miséricordieux, son amour est plus fort et il nous ramène sans cesse devant le sérieux de notre vie. Jésus, le Sauveur, sait bien que nous ne serons jamais vraiment heureux tant que nous n’irons pas jusqu’au bout de notre réponse. Il est passionné par la gloire du Père, il est passionné du salut de l’humanité et de sa vraie joie. Jésus est l’unique porte qui donne accès à la prière et à la mission, nous y entrons pour trouver la paix, nous en sortons pour donner la joie. Jésus nous attend dans son Royaume d’amour dans une relation d’amour vrai. Seuls, ceux qui sont ardents dans leur désir seront transportés dans cet amour nouveau de son cœur !

                                                                                                                                                                                        Père Gilbert Adam