“Venez les bénis de mon Père”

Expliquez-moi…

En rigueur de termes, cette appellation dit deux fois la même chose: Christ, en grec, traduit en effet «Ma­shiah», mot hébreu qui désigne celui qui est «oint», le Roi.

Le jugement dernier vu par Matthieu nous en dit un peu plus: l’évangéliste attribue au Christ la fonction de pas­teur, caractéristique des rois dans l’Ancien Testament. Et il lui donne la responsabilité royale de veiller sur les petits et les faibles de son peuple.

C’est lorsqu’il se fait le frère de tout démuni que le Christ exerce vraiment la fonction royale telle qu’elle était comprise dans l’Ancien Testament.

Le chant du dimanche

Roi du monde, Jésus vivant - Claude Bernard/Michel Wackenhein

par Ensemble Vocal l'Alliance | Le Temps du Royaume - Année A - Production A.D.F

Première lecture – Ézéchiel 34, 11-12.15-17

Nous n’avons pas à craindre que le Christ se présente à nous comme celui qui prend la tête du troupeau pour le guider. Il se présente à nous comme un bon berger, celui qui prend soin de chacun.

Lecture du livre du prophète Ézékiel

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles.
Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées
un jour de nuages et de sombres nuées.
C’est moi qui ferai paître mon troupeau, et c’est moi qui le ferai reposer,
– oracle du Seigneur Dieu.
La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai.
Celle qui est blessée, je la panserai.
Celle qui est malade, je lui rendrai des forces.
Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître selon le droit.
Et toi, mon troupeau
– ainsi parle le Seigneur Dieu –,
voici que je vais juger entre brebis et brebis, entre les béliers et les boucs.

– Parole du Seigneur.

Psaume 22 – Michel Wachenheim

Psaume 22 - A.E.L.F /Michel Wackenheim

par Ensemble Vocal Hilarium | Psaumes pour les dimanches et fêtes - Production A.D.F.

Deuxième lecture – 1 Corinthiens 15, 20-26.28

Le pouvoir du Christ n’a pas la nature d’une force politique. La puissance qu’il tient du Père est une force de vie pour lutter contre le Mal.

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères, le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis.
Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts.
En effet, de même que tous les hommes meurent en Adam, de même c’est dans le Christ
que tous recevront la vie, mais chacun à son rang : en premier, le Christ, et ensuite, lors du retour du Christ, ceux qui lui appartiennent.
Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père, après avoir anéanti, parmi les êtres célestes, toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance.
Car c’est lui qui doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis.
Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort.
Et, quand tout sera mis sous le pouvoir du Fils, lui-même se mettra alors sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous.

– Parole du Seigneur.

Alléluia. Alléluia.

Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David notre père.

Évangile – Matthieu 25, 31-46

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : ‘Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
Alors les justes lui répondront : ‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu…?
Tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
Et le Roi leur répondra : ‘Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.’

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : ‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
Alors ils répondront, eux aussi : ‘Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?’
Il leur répondra : ‘Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Méditation

On venait de crucifier Jésus et le peuple restait là à regarder…

Tu avais dit, Seigneur : quand je serai élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes (Jn 12, 32).
Cette annonce se réalise… mais quelle tragique réalisation !
La croix est le trône où tu es élevé.
Elle permet à tous de te voir facilement.
Le peuple est là qui te regarde : les habitants de Jérusalem et ceux qui sont venus pour la fête de la Pâque.
Tous peuvent savoir qui tu es : une inscription, placée au-dessus de ta tête, et écrite dans les trois langues parlées alors en Palestine, l’indique : Celui-ci est le roi des Juifs !

Tu avais précisé à Pilate : Mon royaume n’est pas de ce monde.
C’est vraiment clair sur le Golgotha !
Mais le monde ne veut pas de toi :
– Le peuple reste là à regarder…
Il n’intervient pas pour te défendre.
Ce peuple, qui a si souvent bénéficié de tes bienfaits, ne réagit pas.
– Les chefs ricanent… Ils savourent leur vengeance, manifestant ainsi le fond de leur cœur mauvais et jaloux.
– Les soldats aussi se moquent…
Encouragés par l’attitude des responsables, ils se laissent aller à leurs instincts les plus bas…

Au milieu de cette populace déchaînée, une seule voix s’élève, celle d’un bandit condamné à mort qui ose dire : « lui, il n’a rien fait de mal ! »
En plus de Marie, de Jean et de quelques femmes fidèles, voilà tout ton Royaume, ô Roi des Juifs et Roi du monde !

Est-ce mieux aujourd’hui ?
Le monde ne veut pas de toi, Seigneur.
Ton amour est trop exigeant.
Cet amour nous conduit à partager tes sentiments, à nous oublier, à nous donner jusqu’au bout, jusqu’à la croix : « Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie… »
Par l’Eucharistie, mémorial de ta mort, tu nous fais vivre aujourd’hui le mystère d’amour du Calvaire : « C’est mon Corps livré pour vous, c’est mon Sang versé pour vous ! »
Attire à toi tous les hommes, Seigneur !
Donne à tous de savoir te regarder avec confiance et amour !

Pierre Duvillaret